
En 2021, les partenaires estriens se sont engagés dans le Plan d’action pour les jeunes et leur famille. L’objectif : favoriser le développement optimal de l’enfant (de 0 à 21 ans), et de tout mettre en œuvre pour que l’intervention de la protection de la jeunesse devienne une exception. Les travaux se poursuivront, mais autrement : à même les organisations et espaces de concertation.
Qu’avons-nous accompli?
En plus de rapprocher les partenaires impliqués dans la vie des enfants et des familles, plusieurs retombées concrètes sont observées.
Qui sont les partenaires qui gravitent autour des jeunes et des familles?
Les jeunes et les familles de l’Estrie sont soutenus par leur communauté. Chacun s’implique au quotidien à sa façon et selon son expertise.
Milieu de la petite enfance
« Au cœur des premières années de vie, le milieu de la petite enfance soutient le développement global des enfants tout en accompagnant les familles au quotidien. En créant des environnements éducatifs bienveillants et de qualité, nous contribuons à bâtir des bases solides pour la réussite et le bien-être des jeunes et de leur communauté. » − Caroline Niquette, directrice générale, Regroupement des centres de la petite enfance des Cantons de l’Est
Milieu scolaire
(à venir)
Milieu communautaire
« Les organismes communautaires famille sont présents pour et avec les familles à chaque moment de leur parcours familial. La richesse de l’informel vécu dans les milieux de vie, ainsi que divers ateliers et activités permettent ensemble de répondre aux besoins de toutes les familles. » − Caroline Payer, directrice générale, La Maison des Familles FamillAction
Milieu municipal
« Le monde municipal contribue activement au mieux-être des jeunes et des familles en créant des environnements sécurisants, inclusifs et stimulants, et en travaillant avec ses partenaires pour offrir des milieux de vie favorables où chacun peut s’épanouir et réussir. » − Paul Sarrazin, maire de Ste-Cécile-de-Milton
Milieu policier
« Par leur présence dans les écoles et auprès des jeunes, les policiers contribuent à la prévention, à la sécurité et au bien-être des familles, en misant sur une collaboration étroite et continue avec les partenaires scolaires, communautaires et institutionnels du milieu. » − Simon Lacombe, inspecteur, Service de police de Sherbrooke
Réseau de la santé et des services sociaux
« Le réseau de la santé et des services sociaux soutient les familles estriennes à chaque étape de la vie des jeunes, en misant sur l’écoute, l’accompagnement et des interventions concertées avec ses partenaires afin d’offrir des services adaptés à la réalité de chacun. » − Geneviève Chabot, directrice du programme jeunesse au CIUSSS de l’Estrie - CHUS
Milieu universitaire
« Le milieu universitaire joue un rôle essentiel auprès des jeunes et des familles en formant les intervenantes et intervenants de demain, en soutenant l’innovation sociale et en travaillant avec les partenaires du terrain pour mieux comprendre les enjeux vécus par les jeunes et y répondre collectivement. » − Anick Lessard, doyenne de la Faculté des lettres et sciences humaines, Université de Sherbrooke
Comment le PAJEF touche les jeunes et les familles?
Découvrez comment les différentes actions du Plan d’action pour les jeunes et leur famille touchent les jeunes à chacune des étapes de leur vie.
Petite enfance (0-5 ans)
L’histoire de David
Julie est une femme de 35 ans qui vit seule dans un logement HLM (pour ménage à faible revenu). Elle est enceinte de 8 semaines, n’a pas de soutien familial ni de partenaire stable et vit dans une situation de précarité économique. Sur recommandation d’un organisme communautaire, elle s’inscrit au service Ma grossesse.
Grâce à cela, Julie a pu recevoir des services adaptés, comme des suivis par une infirmière, du soutien pour l’alimentation pendant la grossesse, la préparation à l’allaitement et du soutien psychosocial pour renforcer son sentiment de confiance.
Rapidement après la naissance de son bébé David, Julie l’inscrit dans un milieu de garde. L’équipe éducative remarque certaines difficultés dans les interactions sociales de l’enfant et invite Julie à contacter son CLSC pour un dépistage Agir tôt.
Le dépistage a permis d’identifier des vulnérabilités au niveau du développement socioaffectif de David qui sont visibles dans son comportement. David évite les interactions avec les autres enfants et il a de la difficulté à gérer ses émotions qui sont parfois excessives.
Lorsque les forces et les indices de difficulté sont détectés, David est orienté vers des services qui répondent à son besoin. Comme Julie a un bon lien de confiance avec sa garderie, son éducatrice a été impliquée dans la mise en place de stratégies pour soutenir David dans son développement socioaffectif.
L’ouverture de Julie à accepter les conseils de son intervenante, de l’éducatrice et sa propre motivation pour aider son enfant, ont contribué à développer le plein potentiel de David pour le préparer à l’entrée à l’école.
Enfance (6-12 ans)
L’histoire de Samuel
Samuel, 8 ans, est en 3e année du primaire et vit avec sa mère qui compose avec des horaires de travail irréguliers. À l’école, il présente des comportements agressifs envers ses pairs et fait fréquemment des crises de colère. La psychoéducatrice de l’école met en place des mesures de soutien pédagogique (plan d’intervention), mais les progrès sont limités.
L’équipe scolaire juge nécessaire d’aller plus loin et demande l’autorisation à Mélanie, la mère de Samuel, de faire une rencontre avec les personnes qui les soutiennent. Une concertation clinique intersectorielle est donc planifiée avec Samuel, Mélanie, des représentants de l’école, l’organisme communautaire impliqué dans le soutien familial et une travailleuse sociale du CLSC.
L’objectif de cette rencontre est de mettre en commun les expertises de différents secteurs pour comprendre la situation globale de Samuel, le motif de ses comportements et de coordonner les interventions. Le milieu universitaire contribue en apportant des connaissances à jour sur les meilleures pratiques selon la situation, tout en participant activement à la réflexion clinique sous supervision. Un plan de services individualisés (PSI) est rédigé pour consigner les actions à mettre en place par l’école, à la maison et dans la communauté.
Comme Samuel a développé un lien de confiance avec la psychoéducatrice de l’école, cette dernière agit comme personne-ressource pour les autres partenaires qui contribuent au plan d’intervention. Ainsi, puisqu’il était nécessaire de référer Samuel aux services de Jeunes en difficulté du CIUSSS de l’Estrie - CHUS, cette psychoéducatrice fait le lien avec le nouvel intervenant au dossier de l’enfant pour s’assurer que toute l’information nécessaire est fournie pour poursuivre son accompagnement.
De plus, on propose d’intégrer Samuel à des activités structurées de loisirs (sport, camp de jour de la ville ou ateliers), favorisant le développement des habiletés sociales, la gestion de ses émotions et un encadrement positif en dehors du milieu scolaire.
Toutes les démarches visent à aider Samuel à surmonter ses défis et à améliorer sa qualité de vie.
Adolescence (12-17 ans)
L’histoire de Mia
Mia, jeune âgée de 17 ans, vit avec sa mère et son beau-père, mais leur relation est tendue. Elle est sur le point de finir ses études secondaires malgré une démotivation constante. Elle ne travaille pas et passe beaucoup de temps seule ou avec des amis dans des contextes peu encadrés. De plus, elle présente des signes d’anxiété et de dépression.
Mia exprime qu’elle se sent perdue, inutile, et qu’elle ne sait pas quoi faire de sa vie. La psychoéducatrice de l’école lui recommande de demander de l’aide à l’équipe d’Aire ouverte où elle peut rencontrer des intervenants et intervenantes jeunesse dans un contexte plus flexible.
L’intervenante en santé mentale d’Aire ouverte rencontre Mia et repère en elle des troubles dépressifs. Ensemble, elles mettent en place des stratégies pour l’aider, et l’intervenante la motive aussi à s’impliquer activement dans sa propre démarche de rétablissement et d’impliquer son réseau social de soutien.
Dans une perspective de prévention et de sécurité, un intervenant du milieu policier spécialisé en jeunesse est également impliqué, en collaboration avec les autres partenaires. Son rôle n’est pas répressif, mais vise à établir un lien de confiance avec Mia, à la sensibiliser aux situations à risque et à lui offrir un accompagnement dans ses fréquentations et ses activités.
L'aide offerte à Mia va au-delà des services en santé, car les intervenants et intervenantes vont collaborer avec d’autres partenaires et la référer, de façon personnalisée, pour répondre à son besoin. Il peut s’agir d’organismes communautaires ou de services de la municipalité pour soutenir sa recherche d’emploi, l'aider à s’alimenter ou à améliorer sa relation avec sa famille.
Peu à peu, Mia reprend confiance en elle, développe son autonomie et commence à envisager des projets concrets pour son avenir. Les intervenants et intervenantes qui ont soutenu Mia, soulignent sa persévérance.
D'où émerge le projet?
AVRIL 2019
Décès d’une fillette à Granby
MAI 2019 À AOÛT 2020
Diverses enquêtes (interne, Vérificateur général du Québec, Commission des droits de la personne et des droits de la jeunesse, etc.)
MAI 2019
Mise sur pied de la Commission d’enquête sur les droits des enfants et la protection de la jeunesse au Québec
FÉVRIER 2020
Dépôt du mémoire Pour que la protection des enfants devienne l’affaire de tous par le CIUSSS de l’Estrie – CHUS
JUIN 2020
Ateliers de consultation avec 300 partenaires de l’Estrie afin de coconstruire le Plan d’action pour les jeunes et leur famille (PAJEF)
FÉVRIER 2021
Lancement du PAJEF par le milieu estrien
FÉVRIER 2021 À FÉVRIER 2026
Réalisation de projets issus du PAJEF
JUIN 2022 À 2024
Soutien de la Croix-Rouge dans la coordination locale du PAJEF
DÉCEMBRE 2022
Mise à jour du PAJEF par le milieu estrien
JANVIER 2023
Déploiement de la première concertation clinique intersectorielle à la Haute-Yamaska (Agir Ensemble)
JUIN 2025 À FÉVRIER 2026
Changement d’approche pour le PAJEF, et ce, pour adopter une vision plus globale des besoins des jeunes, en unissant les forces de tous les secteurs autour des services à améliorer.
MAI 2026
Bilan des 5 ans et fin du PAJEF sous sa forme initiale.